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Tes croyances

« Je ne suis pas commercial » : tu vends déjà, mal

· 12 min de lecture · Mis à jour juin 2024 · 6 sources

« Je ne suis pas commercial, c'est pas dans ma nature. » Je l'entends comme un trait de naissance, une fatalité. Sauf que la personne qui me dit ça vend déjà, à chaque appel de la semaine. Mal, mais elle vend.

La question « suis-je un vendeur » est morte le jour où tu as lancé ton activité. Reste la seule qui compte : vendre en aveugle, ou vendre en mesurant.

« Je ne suis pas commercial. » Je l'ai dit pendant des années, presque avec fierté. Sauf que je vendais déjà, mal, tous les jours. Me cacher derrière cette phrase ne me protégeait pas, ça me coûtait.

Tu te définis comme un expert, pas comme un commercial. Le mot « vendeur » ne te ressemble pas, il évoque le type qui force, et tu te rassures en te disant que ce n'est pas ta nature. Cette phrase te protège, et elle te condamne en même temps.

Parce qu'elle est fausse. Tu vends déjà, des dizaines de fois par mois, à chaque appel. Te croire non-commercial ne t'empêche pas de vendre, ça t'empêche seulement de bien le faire. Regardons ce déni en face, chiffres à l'appui.

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En 30 secondes
  • « Je ne suis pas commercial » est vécu comme une fatalité de nature
  • Or tu vends déjà, des dizaines de fois par mois, à chaque appel
  • Le sentiment d'être commercial n'a aucun rapport avec le fait de vendre
  • La vraie question n'est pas si, mais comment : en aveugle ou en mesurant
  • Le déni ne te protège pas de vendre mal, il t'y enferme

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Une fatalité qui n'en est pas une§

« C'est pas dans ma nature » : voilà le piège de la formulation. En parlant de nature, tu transformes une compétence en trait inné, donc en fatalité. On ne travaille pas sa nature, on la subit. C'est confortable, parce que ça t'exonère : si vendre n'est pas dans ta nature, tu n'as pas à t'en vouloir de ne pas savoir le faire.

Sauf que la recherche sur l'apprentissage dit l'inverse. Anders Ericsson a montré, domaine après domaine, que l'excellence ne vient pas d'un don de naissance mais d'une pratique bien menée. Carol Dweck a documenté l'écart entre ceux qui croient leurs capacités figées et ceux qui les croient développables : les seconds progressent, les premiers restent coincés, non par manque de talent, mais parce qu'ils ont cessé d'essayer. « Ce n'est pas ma nature » est exactement la phrase qui te fait renoncer avant d'avoir commencé.

Tu vends déjà, la preuve§

Descendons du principe au fait brut. Combien d'appels de vente as-tu passés le mois dernier ? 20, 30 ? Chacun de ces appels était un acte de vente. Tu as présenté une offre, discuté un prix, tenté de convaincre quelqu'un de te faire confiance et de te payer. Que tu le veuilles ou non, que ça te plaise ou non, tu vends. Le mot te dérange, la réalité ne s'en soucie pas.

Ce que tu crois vs ce que tu faisCE QUE TU CROIS« Je ne suis pascommercial »un trait de natureCE QUE TU FAISTu passes des appels,tu discutes un prixtu vends déjà, à chaque appel
Tu ne te sens pas commercial. Pourtant tu vends déjà, à chaque appel. La question n'est pas si, mais comment.
Lancer son activité, c'est déjà vendreTu lanceston activitéDès le 1er client, tu vends« Suis-je commercial » n'a plus de sensReste une question : bien ou mal vendre
Le jour où tu as lancé ton activité, la question « suis-je un vendeur » est morte. Tu en es un, la seule question est comment.

Le jour où tu as lancé ton activité, la question « suis-je un vendeur » a cessé d'avoir un sens. Tu en es devenu un, par nécessité, parce que personne ne vend ton offre à ta place. La seule question qui reste ouverte, c'est de savoir si tu vends bien ou mal. Et pour l'instant, en refusant de te reconnaître comme vendeur, tu t'es interdit de progresser dans ce que tu fais pourtant à chaque appel de ta semaine.

D'où je parle

Mon métier, c'était fiscaliste. Rien de plus éloigné du commercial : je passais mes journées dans des comptes, des écarts, des lignes qui ne tombaient pas juste. Quand je me suis mis à vendre mes propres accompagnements, je n'ai rien changé à ce réflexe, j'ai juste appliqué la même lecture à mes appels. Le sentiment d'être commercial ou pas ne m'a jamais servi à rien. Le tableau de mes appels, si.

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Le sentiment ne dit rien du fait§

Il faut séparer 2 choses que tu confonds : te sentir commercial, et vendre. Ce sont 2 dimensions indépendantes. Tu peux te sentir totalement illégitime en vente et vendre déjà beaucoup. C'est même le cas le plus fréquent chez les experts : ils se croient nuls, et ils signent pourtant des clients chaque mois.

Le sentiment ne dit rien du faitNe se sent pas commercial → se sent commercialNe vend pas → vend déjàSe croit nul, vend déjàÀ l'aise et vendNi l'un ni l'autreSe croit doué, ne vend pas
Le sentiment d'être commercial n'a aucun rapport avec le fait de vendre déjà. Tu es en haut à gauche.

Ce décalage a d'ailleurs un bon côté. Ceux qui se sentent trop à l'aise en vente tombent souvent dans le piège de celui qui vend qui parle trop et écoute mal. Ton inconfort, lui, te rend attentif, prudent, à l'écoute, des qualités précieuses. Le problème n'est pas ton sentiment, il est de le prendre pour un verdict sur ce que tu peux devenir. Tu n'as pas à te sentir commercial pour vendre bien. Tu as juste à accepter que tu vends, et à regarder comment.

En aveugle, ou en mesurant§

Voilà la vraie alternative, la seule qui compte. Puisque tu vends de toute façon, la question n'est plus « suis-je commercial », elle est « est-ce que je vends en aveugle ou en mesurant ». Vendre en aveugle, c'est ce que tu fais aujourd'hui : au feeling, sans t'écouter, sans connaître ton taux, en répétant les mêmes gestes depuis des années sans savoir lesquels marchent.

Vendre en aveugle vs vendre en mesurantEN AVEUGLEAu feeling, sans t'écouterSans connaître ton tauxLes mêmes gestes, en boucleTu ignores ce qui marcheEN MESURANTTu connais ton tauxTu repères où tu perdsTu corriges un geste à la foisTu sais ce qui marche
La vraie question n'est pas d'être commercial ou pas. C'est de vendre en aveugle, ou de vendre en mesurant.
Tu vends déjà, mais à l'aveugleÀ chaque appeltu vends déjàAu feelingsans t'écouterEn aveuglesans mesurerAnnée après annéesans corriger
Vendre en refusant de te voir vendre, c'est te condamner à vendre mal, longtemps. Le déni ne te protège pas, il te coûte.

Vendre en mesurant, c'est l'inverse : connaître ton taux, savoir où tu perds tes appels, corriger un geste à la fois. Ça n'a rien à voir avec « devenir un requin » ou trahir ta nature. C'est juste appliquer à ta vente la même rigueur d'analyste que tu appliques déjà à ton métier. Toi qui te crois non-commercial, tu as en réalité l'atout le plus rare pour bien vendre : le goût des chiffres et de la méthode, là où tant de gens qui vendent naviguent au charme et à l'instinct.

Celui qui vend que tu imagines n'existe pas§

Quand tu dis « je ne suis pas commercial », quelle image as-tu en tête ? Presque toujours la même caricature : le type qui parle vite, qui force la main, qui manipule, qui vendrait n'importe quoi à n'importe qui. Ce vendeur-là, tu ne veux pas lui ressembler, et tu as raison. Le problème, c'est que tu as pris cette caricature pour la définition de la vente, et que tu t'exclues d'une catégorie qui n'existe pas.

Parce que ce vendeur de caricature n'est pas quelqu'un qui vend bien, c'est un mauvais vendeur. Les meilleurs ne parlent pas vite, ils écoutent. Ils ne forcent pas, ils diagnostiquent. Ils ne manipulent pas, ils aident à décider. Celui qui vend que tu imagines et que tu méprises est précisément celui qui échoue, pas celui qui réussit. En refusant de lui ressembler, tu ne refuses pas de vendre, tu refuses de mal vendre, ce qui est sain.

Celui qui vend bien ressemble beaucoup plus à ce que tu es déjà : quelqu'un qui comprend, qui conseille, qui recommande ce qui convient. La vente n'exige pas que tu deviennes un autre, elle exige que tu ailles au bout de ce que tu fais bien, jusqu'à la conclusion. Tu n'as pas à te renier pour vendre, tu as à cesser de croire que vendre, c'est devenir la caricature que tu redoutes.

Partout où tu vends déjà, sans le voir§

Tu crois ne pas être commercial, et pourtant tu vends, tout le temps, sans t'en apercevoir. Parce que vendre, ce n'est pas seulement échanger un service contre de l'argent, c'est convaincre, faire adhérer, amener quelqu'un à un oui. Et ça, tu le fais dans 1 000 situations quotidiennes.

Tu vends quand tu convaincs un prospect en appel, évidemment. Mais tu vends aussi quand tu persuades un partenaire de travailler avec toi, quand tu négocies un délai, quand tu défends une idée en réunion, quand tu écris une publication pour convaincre ton audience, quand tu réponds à une objection dans un message. Tu vends quand tu as convaincu un proche de te faire confiance pour te lancer. Ta vie est pleine de ventes réussies que tu ne comptes pas comme telles, parce que tu réserves le mot « vente » à la caricature.

Compter ces ventes silencieuses change ton rapport à la question. Tu n'es pas quelqu'un qui « ne sait pas vendre » qui devrait apprendre de zéro. Tu es quelqu'un qui vend déjà, souvent bien, dans plein de contextes, et à qui il manque seulement de le faire consciemment, avec méthode, dans le contexte précis de l'appel de vente. Ce n'est pas une compétence à acquérir, c'est une compétence à assumer et à structurer.

Un exemple : ton dernier rendez-vous§

Repense à ton dernier bon rendez-vous, celui qui a signé. Qu'as-tu fait ? Tu as écouté le prospect, tu as compris son problème, tu lui as montré que ta solution y répondait, tu as répondu à ses hésitations, et il a dit oui. Félicitations : tu viens de décrire une vente réussie, menée par quelqu'un qui « n'est pas commercial ».

Ce que cet exemple prouve, c'est que quand tu vends bien, tu ne t'en rends même pas compte, parce que ça ne ressemble pas à la caricature. Il n'y a eu ni forcing, ni baratin, ni manipulation, juste un expert qui a compris et recommandé. Tu appelles ça « avoir un bon feeling » ou « bien s'entendre », mais c'est de la vente, de la bonne vente, la seule qui marche vraiment.

Alors la prochaine fois que tu te diras « je ne suis pas commercial », rappelle-toi ce rendez-vous. Tu ne manques pas d'un talent que tu n'aurais pas, tu manques de reconnaître celui que tu as déjà. La vraie question n'est pas « suis-je capable de vendre », tu l'as prouvé, mais « pourquoi je le fais bien certains jours et mal d'autres, et comment le rendre régulier ». Et cette question-là, contrairement à la première, a une réponse : mesurer, comprendre, corriger.

Une compétence, pas une personnalité§

« Je ne suis pas commercial » range la vente du côté de la personnalité, comme une couleur d'yeux qu'on aurait ou pas. C'est l'erreur de fond. La vente n'est pas un trait de caractère, c'est une compétence, et une compétence ne dépend pas de qui tu es, mais de ce que tu as appris et pratiqué. Personne ne dit « je ne suis pas comptable, ce n'est pas ma nature » pour justifier de ne pas savoir tenir ses comptes : on apprend, ou on délègue.

Confondre compétence et personnalité te condamne à l'immobilité. Si vendre est une question de nature, tu ne peux rien y faire, tu es né comme ça. Si vendre est une compétence, alors elle s'acquiert, exactement comme tu as acquis ton expertise métier, qui n'était pas non plus « dans ta nature » à la naissance. Tu n'es pas né expert de ton domaine, tu l'es devenu. La vente suit la même règle.

Et ton profil, que tu crois inadapté à la vente, est en réalité un atout pour l'apprendre. L'analytique, le sérieux, le goût de comprendre, qui te semblent aux antipodes de celui qui vend, sont exactement ce qu'il faut pour mesurer sa vente et la corriger méthodiquement. Tu n'apprendras pas à vendre en imitant le bagou du vendeur de tapis, mais en appliquant à ta vente la même rigueur qu'à ton métier. Ce n'est pas ta nature qu'il faut changer, c'est une compétence qu'il faut ajouter.

Le verdict

« Je ne suis pas commercial » transforme une compétence en fatalité de nature, et te fait renoncer avant d'essayer. C'est faux : tu vends déjà, des dizaines de fois par mois, à chaque appel. Le jour où tu as lancé ton activité, la question « suis-je un vendeur » est morte.

Ton sentiment d'illégitimité ne dit rien de ta capacité à bien vendre, il te rend même plus à l'écoute. La seule vraie question, c'est de vendre en aveugle ou en mesurant. Et pour mesurer, ton profil analytique n'est pas un handicap, c'est ton meilleur atout.

Tu vois le mécanisme. Voilà par où on continue, chiffres à l'appui :

« Je ne suis pas mes chiffres » → la compta de tes appels
« Mon vrai souci, c'est pas les leads ? » → la démonstration par l'arithmétique
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Léo Fanouillet

Qui je suis pour te dire ça ? J'ai bâti ma marque à partir de zéro, sur un sujet aussi peu sexy que la fiscalité, sans un centime de pub. Je te raconte tout, en vidéo et à l'écrit.

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Questions fréquentes

Oui, parce que vendre est une compétence, pas un trait de nature. La recherche sur l'apprentissage montre que l'excellence vient d'une pratique bien menée, pas d'un don. « Ce n'est pas ma nature » est surtout la phrase qui fait renoncer avant d'essayer. Tu vends déjà ; il reste à le faire mieux.

Oui. Chaque appel de vente que tu passes, chaque fois que tu présentes une offre et discutes un prix, est un acte de vente. Que le mot te plaise ou non, tu vends des dizaines de fois par mois. Le déni ne t'empêche pas de vendre, il t'empêche seulement de progresser dans ce que tu fais déjà.

Non, ce sont 2 choses indépendantes. Beaucoup d'experts se sentent illégitimes en vente et signent pourtant chaque mois. L'inconfort rend même souvent plus à l'écoute, quand l'excès d'aisance pousse à trop parler. Le problème n'est pas ton sentiment, c'est de le prendre pour un verdict définitif.

Au contraire, c'est un atout rare. Là où beaucoup de gens qui vendent naviguent à l'instinct, ton goût des chiffres et de la méthode te permet de vendre en mesurant : connaître ton taux, repérer tes fuites, corriger un geste à la fois. C'est exactement ce qui fait progresser, sans rien trahir de ta nature.

Sources

Méthodo : synthèse avec mes mots de la recherche sur l'apprentissage et la compétence. Les figures sont qualitatives, elles montrent la logique et ne portent aucun chiffre inventé. Aucune reproduction de texte.

K. Anders Ericsson & Robert Pool, Peak (2016) : l'excellence vient d'une pratique bien menée, pas d'un don inné.

Carol Dweck, Changer d'état d'esprit (2006) : croire ses capacités développables plutôt que figées change la progression.

Albert Bandura, « Self-efficacy » (Psychological Review, 1977) : la confiance en sa capacité se construit par l'expérience, elle ne préexiste pas.

Daniel H. Pink, To Sell Is Human (2012) : vendre est devenu l'affaire de tous, pas une caste à part.

Neil Rackham, SPIN Selling (McGraw-Hill, 1988) : la vente comme ensemble de gestes structurés et apprenables.

Observation du terrain (indépendants francophones) : « pas la fibre commerciale » vécu comme une fatalité, alors que la personne vend déjà chaque mois.

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Léo Fanouillet

Léo Fanouillet · Académie Sales

Moi c'est Léo. Ex-fiscaliste, aujourd'hui j'analyse les appels de vente des indépendants comme je lisais leur compta : des chiffres, une fuite, une correction. Zéro promesse magique, zéro jargon de gourou. Si tu veux en parler, écris-moi en DM.

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Léo Fanouillet

Une lettre, chaque semaine

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Salut, c'est Léo. Une fois par semaine, je t'envoie un vrai appel de vente décortiqué : les chiffres, la fuite, la correction. Comme si on regardait ta vente ensemble.

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