17 min restantes
← Tous les articles

Découverte

Faire chiffrer le coût de l'inaction : le geste le plus rentable de l'appel

· 17 min de lecture · Mis à jour janvier 2024 · 10 sources

Le geste le plus rentable de tout l'appel n'est pas un argument, c'est une question. Celle qui fait dire au prospect, à voix haute, ce que son problème lui coûte.

Parce que tant qu'il n'a pas chiffré ce coût lui-même, il n'a aucune raison d'agir maintenant. Son problème reste une gêne, pas une urgence.

Longtemps, je vendais en parlant de MON offre. Ça ne marchait qu'à moitié. Le déclic : arrêter de vendre ce que j'apporte, et faire chiffrer au prospect ce que son problème lui coûte déjà.

La plupart des ventes ne se perdent pas sur le prix ni sur l'offre, elles se perdent sur l'absence d'urgence. Le prospect trouve ton offre bien, mais il ne ressent pas le besoin d'agir tout de suite. Son problème, il vit avec, il s'y est habitué, et l'habitude endort la douleur. Résultat, il temporise, il « va réfléchir », il repousse.

Le seul moyen de réveiller l'urgence, c'est de lui faire chiffrer, lui-même, ce que son problème lui coûte. Tu ne l'affirmes pas à sa place : c'est lui qui le calcule à voix haute. C'est le geste au plus fort rendement de l'appel, et c'est aussi le plus négligé. Voici comment le mener, et pourquoi il transforme un intérêt tiède en désir d'agir.

Tu veux intégrer ce geste à tes appels ? Réserve une consultation offerte →

En 40 secondes
  • La plupart des ventes se perdent sur l'absence d'urgence, pas sur le prix
  • Tant que le problème reste abstrait, le prospect s'y est habitué et temporise
  • Le geste le plus rentable : lui faire chiffrer, lui-même, ce que son problème coûte
  • Ce qu'il calcule, il le croit ; ce que tu affirmes, il en doute
  • Fais chiffrer toutes les formes du coût : euros, temps, occasions ratées, poids mental

Nouveau ici ? Commence par le manifeste → Ton service est excellent, ta vente non

La vraie raison qui bloque : l'absence d'urgence§

Commençons par comprendre pourquoi un prospect intéressé n'achète pas. Ce n'est presque jamais qu'il trouve ton offre mauvaise ou trop chère. C'est qu'il ne ressent pas l'urgence d'agir. Son problème existe, mais il vit avec depuis des mois, parfois des années, et l'habitude a émoussé la douleur. Un problème auquel on s'est habitué ne pousse pas à l'action, il se supporte.

Ce qui réveille le désir d'agirProblème resté abstraitLe coût reste flou,le prospect temporiseil chiffreCoût chiffré par lui-mêmeLe désir d'agirse réveille
Tant que son problème reste abstrait, le prospect temporise. Dès qu'il en chiffre le coût lui-même, le désir d'agir se réveille.

C'est le confort du statu quo. Changer demande un effort, une dépense, une prise de risque, alors que ne rien faire est gratuit et sans effort, du moins en apparence. Tant que le coût de l'inaction reste flou, invisible, il paraît nul, et le prospect choisit rationnellement de ne rien changer. Pourquoi bouger pour un problème qui ne semble rien coûter ?

D'où le vrai travail : rendre visible ce coût caché. L'inaction n'est jamais gratuite, elle coûte, en argent, en temps, en occasions manquées, mais ce coût est silencieux, étalé, invisible au quotidien. Ton rôle n'est pas d'inventer une urgence artificielle, c'est de révéler l'urgence réelle qui existe déjà, mais que le prospect ne voit pas. Et pour la révéler, une seule voie efficace : la lui faire chiffrer.

Ce réflexe de préférer l'inaction tant que son coût reste flou repose sur un pli de décision robuste. Une réplication de Ruggeri et al. (2020, Nature Human Behaviour), menée auprès de 4 098 personnes dans 19 pays et 13 langues, retrouve les schémas fondateurs de la théorie des perspectives pour 94 % des items testés et reproduit 12 des 13 contrastes théoriques, dont l'aversion à la perte. Autrement dit, la préférence pour ce qu'on ne perd pas visiblement n'est ni une lubie française ni un effet de mode : c'est une constante de décision, mesurée partout. Tant que ton prospect ne voit pas ce qu'il perd, son cerveau traite le statu quo comme l'option sûre. Rendre la perte visible, c'est déplacer ce curseur.

Le lui faire chiffrer, à lui§

Voici le point crucial, celui qui distingue ce geste d'un simple argument. Ce n'est pas toi qui dois affirmer ce que le problème coûte, c'est le prospect qui doit le calculer, à voix haute. La différence est immense. Ce que tu affirmes, il peut en douter, le trouver exagéré, y voir un argument de vendeur. Ce qu'il calcule lui-même, il le croit sans réserve, parce que ça vient de lui.

Le même coût, selon qui le formuleTu l'affirmesIl le chiffre lui-mêmeIl ressent l'urgenceil en douteil le croitTon prix paraît petitil le contesteil l'accepteIl se convaincil résistesans réserve
Que tu affirmes le coût ou qu'il le chiffre lui-même change tout. Ce qu'il calcule, il le croit ; ce que tu affirmes, il en doute.

Concrètement, tu poses des questions qui l'amènent au chiffre. « Ces clients que tu perds au moment du prix, ça représente combien par mois, à peu près ? » Il réfléchit, il estime, il te donne un nombre. Puis tu prolonges : « et sur une année, ça fait donc ? » Il multiplie, et soudain, il entend lui-même l'ampleur du coût. Tu n'as rien affirmé, tu as juste guidé son calcul. Le chiffre qui sort de sa bouche a un poids que le même chiffre sorti de la tienne n'aurait jamais eu.

Les formes du coût de l'inaction (à faire chiffrer)Euros perdusTemps gâchéOccasionsratéesCoûtémotionnel
Le coût de l'inaction n'est pas que financier. Fais-le chiffrer sous toutes ses formes : euros, temps, occasions ratées, poids mental.

Et tu ne t'arrêtes pas à l'argent. Le coût de l'inaction a plusieurs visages, et chacun ajoute au poids. Le temps gâché à faire des choses qui ne marchent pas. Les occasions ratées, les clients qu'il aurait pu signer. Le coût émotionnel, l'angoisse, la fatigue, le doute qui use. Fais-lui chiffrer, ou au moins nommer, chacune de ces formes. Plus le coût devient concret et multiple, plus l'urgence d'agir devient évidente, sans que tu aies jamais à la fabriquer.

D'où je parle

J'ai passé des années en fiscalité, et là-bas un chiffre n'existe que si le client peut te dire d'où il sort. C'est exactement ce que j'ai transposé dans mes appels : je ne pose jamais un montant sur la table, je fais remonter la ligne avec le prospect jusqu'à ce que le total tombe de sa bouche. Un chiffre qu'il a lui-même reconstitué, il ne peut plus le renégocier 3 jours après.

En 30 minutes, on écrit ensemble les 5 questions de chiffrage adaptées à ton offre, avec les montants et la fourchette basse à proposer quand il élude →

Les questions qui l'amènent au chiffre§

Concrètement, faire chiffrer ne s'improvise pas, ça se prépare. Voici les questions qui amènent doucement le prospect à poser lui-même le coût de son problème, sans que tu l'affirmes jamais à sa place.

  • La fréquence : « ça t'arrive combien de fois par mois, ce que tu décris ? »
  • Le montant unitaire : « et à chaque fois, ça représente à peu près quoi, en euros ? »
  • La projection annuelle : « donc sur une année, si je comprends bien, ça fait… ? » Laisse-le multiplier.
  • Le temps : « et combien de temps tu passes là-dessus, du temps que tu ne mets pas ailleurs ? »
  • Le poids mental : « et de le porter en permanence, ça pèse comment sur toi ? »

Remarque que tu ne fais que poser des questions et laisser le prospect calculer. Tu n'assènes aucun chiffre, tu ne dramatises rien. Ton rôle se limite à guider le calcul, marche après marche, et à te taire pour le laisser aboutir. Le chiffre final, énorme parfois, est entièrement le sien. C'est ce qui lui donne un poids que nul argument de ta part n'aurait eu.

Envie de révéler l'urgence sans jamais la fabriquer ? Réserver une consultation offerte →

Quand il élude le chiffre§

Parfois, le prospect esquive : « oh, je ne sais pas trop, c'est difficile à dire. » Ce n'est pas un mur, c'est une invitation à l'aider un peu, sans jamais chiffrer à sa place. Tu proposes une fourchette basse, volontairement prudente, et tu le laisses corriger.

« Disons, au doigt mouillé, ne serait-ce qu'un ou 2 clients par mois, on est d'accord ? » S'il acquiesce, tu tiens un point de départ qu'il a validé. Presque toujours, d'ailleurs, il revoit ta fourchette à la hausse : « en fait, c'est plutôt 3 ou 4. » En proposant peu, tu l'amènes à préciser lui-même, et souvent à aggraver son propre constat, ce qui sert exactement ton but.

La seule chose à ne jamais faire, c'est de le chiffrer à sa place quand il élude. « Ça vous coûte sûrement 30 000 € » sonne comme un argument de vendeur, et il s'en méfiera. « Aide-moi à estimer, ça représente combien à peu près ? » le remet aux commandes. La règle ne change jamais : le chiffre doit sortir de sa bouche, pas de la tienne, même quand il faut l'aider à le trouver.

L'effet : ton prix paraît petit§

Ce geste a un bénéfice secondaire immense : il désamorce l'objection prix avant qu'elle ne naisse. Une fois que le prospect a chiffré, lui-même, que son problème lui coûte 30 000 € par an, ton offre à 3 000 € cesse d'être une dépense pour devenir une évidence. Tu n'as rien changé à ton prix, tu as changé ce à quoi il se compare.

Du coût chiffré au désir d'agirTu fais chiffrer la douleurIl ressent le coûtTon offre paraît petite à côtéIl veut agir maintenant
Faire chiffrer le coût, c'est la marche qui transforme un intérêt tiède en désir d'agir maintenant, sans que tu aies à insister.

C'est toute la logique : un prix ne se juge que par rapport à une valeur, et faire chiffrer le coût de l'inaction installe cette valeur avant même que tu annonces ton tarif. Le prospect qui a réalisé l'ampleur de ce qu'il perd voit ton prix comme un investissement au rendement évident, pas comme un coût. L'objection « c'est trop cher » ne tombe presque plus, parce que le « trop cher », c'est désormais de ne rien faire.

Ce qui déclenche le passage à l'actionCoût flou → coût chiffréDouleur faible → ressentieDésir d'agir fortStatu quo confortableVeut mais ne bouge pasConscient mais résigné
On agit quand le coût est chiffré ET la douleur ressentie. Un problème compris sans être ressenti laisse le prospect dans son statu quo.

Il faut cependant un ingrédient de plus pour déclencher l'action : que la douleur soit ressentie, pas seulement comprise. Un prospect qui a calculé son coût mais reste froid n'agira pas ; celui qui, en le calculant, ressent le poids de la situation, oui. Ton rôle est donc de laisser le chiffre résonner, de marquer un silence après le calcul, de le laisser mesurer ce qu'il vient de dire. Le passage à l'action naît de la rencontre entre un coût chiffré et une douleur ressentie.

Le coût qui n'est pas financier§

Quand on parle de coût de l'inaction, on pense argent, et on oublie la moitié du sujet. Le coût le plus lourd n'est souvent pas financier : c'est le temps qui passe, l'énergie mentale consommée, la frustration qui s'installe, la confiance qui s'effrite. Un prospect qui repousse une décision depuis un an n'a pas seulement perdu de l'argent, il a perdu un an à ruminer le même problème.

Ces coûts invisibles pèsent parfois plus que les euros. Demande à quelqu'un ce que lui coûte, chaque dimanche soir, l'angoisse de sa semaine à venir, et tu touches quelque chose de plus fort qu'un chiffre. Le problème non réglé occupe l'esprit, gâche des soirées, use la motivation. Faire nommer ce coût-là, humain, quotidien, réveille une urgence que le seul argument financier ne réveille pas.

L'erreur serait donc de réduire le coût de l'inaction à un calcul comptable. Le vrai chiffrage inclut les 2 dimensions : ce que ça coûte en euros, et ce que ça coûte en vie. Le prospect décide rarement sur le seul tableur ; il décide quand il sent, en plus, le poids quotidien de laisser traîner. Fais-lui voir les 2, et l'inaction devient soudain plus chère que ta solution.

Le coût qui grossit avec le temps§

Le coût de l'inaction a une propriété redoutable : il ne reste pas stable, il grossit. Un problème non traité aujourd'hui coûte plus cher dans 6 mois, parce qu'il s'aggrave, se ramifie, entraîne d'autres problèmes. Le prospect qui pense « je verrai plus tard » raisonne comme si le coût attendait sagement ; en réalité, il enfle pendant qu'il attend.

Faire percevoir cette croissance change la temporalité de la décision. Tant que le prospect croit que le coût est fixe, rien ne presse : il pourra régler ça n'importe quand au même prix. Dès qu'il comprend que chaque mois d'attente renchérit la facture, l'urgence naît d'elle-même. Ce n'est plus toi qui pousses, c'est le temps qui pousse, et le temps est un argument que le prospect ne peut pas contester.

La bonne question à poser est celle qui projette : « et si rien ne bouge, où en es-tu dans un an ? » Elle force le prospect à voir la pente, pas seulement le point actuel. La plupart n'avaient jamais fait ce calcul de trajectoire ; ils regardaient le coût d'aujourd'hui, pas celui qui s'accumule. Leur montrer la courbe, plutôt que le point, transforme un « plus tard » en « maintenant ».

Ce réflexe de projeter a un appui expérimental solide. Une étude de Patrick I. Hancock (2022, iScience), menée en essai randomisé auprès de 261 professionnels, montre que cadrer une décision autour de ses conséquences futures plutôt que présentes réduit le biais du présent : les participants recommandaient en moyenne 7,8 ans de durée de vie utile supplémentaire pour leur projet. Autrement dit, rendre les conséquences futures saillantes, ce que fait précisément le chiffrage projeté, déplace mesurablement les gens hors du court-termisme et du statu quo. Détail qui compte : l'effet tient au cadrage temporel autant qu'au montant. Formuler l'enjeu en échéances concrètes, dans 6 mois, dans 2 ans, pèse donc autant que le chiffre lui-même.

Chiffrer sans manipuler§

Il y a une ligne à ne pas franchir : le coût de l'inaction doit être réel, jamais gonflé. La tentation existe d'exagérer, de dramatiser, d'inventer des conséquences pour forcer la décision. C'est une faute, et pas seulement morale : un prospect sent le chiffre gonflé, et le jour où il le sent, il perd confiance en tout le reste de ton discours. La manipulation se paie toujours, plus tard.

Le chiffrage honnête part des faits du prospect, pas de tes suppositions. C'est lui qui fournit les chiffres, à travers tes questions ; toi, tu ne fais que les additionner et les lui rendre. Ainsi le coût qui apparaît est le sien, tiré de sa propre bouche, et il ne peut ni le contester ni t'accuser de l'avoir inventé. Ta seule tâche est de rendre visible ce qui existait déjà, pas de créer une peur artificielle.

Cette rigueur est aussi ton meilleur argument de vente. Un prospect qui voit que tu ne gonfles pas, que tu chiffres avec honnêteté, quitte à reconnaître que le coût est parfois faible, te fait davantage confiance quand tu affirmes qu'il est élevé. La crédibilité de ton chiffrage repose sur ta capacité à ne pas tricher. Révéler le coût réel, ni plus ni moins : c'est là qu'est la force.

La recherche nuance d'ailleurs une crainte répandue, celle de braquer le prospect en pointant ce qu'il risque. Une méta-analyse de Tannenbaum et al. (2015, Psychological Bulletin), portant sur 248 échantillons indépendants (N = 27 372, études de 1962 à 2014), montre que présenter honnêtement un coût ou une menace augmente modestement les attitudes, les intentions et les comportements (d ≈ 0,27), sans qu'aucun retour de bâton apparaisse par rapport à un groupe qui ne reçoit rien. L'effet est le plus fort quand la menace perçue est élevée et couplée à une consigne d'action claire, un « voici comment on règle ça ». C'est exactement le mouvement que tu fais en révélant le coût réel puis en montrant la sortie, à la condition stricte que le coût, lui, ne soit jamais gonflé.

Le coût d'opportunité, le plus invisible§

Au coût de subir le problème s'ajoute un coût plus discret : celui de tout ce que le prospect ne fait pas pendant qu'il subit. C'est le coût d'opportunité. Le coach qui ne signe pas assez ne perd pas seulement les clients manqués ; il perd le temps, l'énergie et la sérénité qu'il aurait investis ailleurs si le problème était réglé. L'inaction bloque une case, et tout ce qui aurait pu occuper cette case est perdu aussi.

Ce coût est le plus difficile à voir, parce qu'il concerne des choses qui n'ont pas eu lieu. On mesure mal ce qu'on n'a pas fait. Pourtant c'est souvent le plus lourd : l'année passée à bricoler sa vente est une année où l'on n'a pas développé son offre, formé, créé, vécu autre chose. Rendre visible cette case bloquée, ce que le prospect pourrait faire de libéré une fois le problème réglé, ajoute une dimension puissante au chiffrage.

La question qui l'ouvre est simple : « si ce problème n'existait plus, à quoi tu consacrerais l'énergie que tu y mets aujourd'hui ? » La réponse révèle tout ce que l'inaction lui vole en silence. Et souvent, c'est cette réponse, plus que le chiffre financier, qui déclenche la décision : le prospect réalise qu'en ne réglant pas ça, il se prive d'autre chose qui compte encore plus pour lui.

Ce que tu réveilles là porte un nom en psychologie de la décision : le regret anticipé. Une méta-analyse de Brewer, DeFrank et Gilkey (2016, Health Psychology), sur 81 études (n = 45 618), le relie aux intentions (r = 0,50) et aux comportements (r = 0,29). Le détail qui te concerne : le regret d'inaction, celui de n'avoir rien fait, y pèse plus lourd et de façon plus stable que le regret d'avoir agi. Quand tu fais nommer au prospect ce qu'il continuera de ne pas faire tant que le problème dure, tu ne fabriques pas ce regret, tu le rends visible à l'avance, et c'est souvent lui, plus que le tableur, qui emporte la décision.

Un exemple chiffré, de bout en bout§

Prenons un cas concret pour voir le chiffrage se dérouler. Une consultante signe 2 clients par mois sur 10 appels, à 2 500 €. Elle sent qu'elle pourrait en signer 4, mais reporte le travail sur sa vente depuis 8 mois. Faisons parler les chiffres, les siens. 2 clients manqués par mois, à 2 500 €, c'est 5 000 € mensuels. Sur les 8 mois écoulés, l'inaction lui a déjà coûté 40 000 €.

Le chiffre est brut, et il vient d'elle. On peut le prolonger : si rien ne change, l'année qui vient lui coûtera encore 60 000 € de clients non signés. Face à ces sommes, le prix d'un accompagnement à quelques milliers d'euros ne se discute plus : il n'est plus une dépense, il est le moyen d'arrêter une hémorragie bien plus grande. Le coût de l'inaction a rendu le prix de la solution évident.

Remarque que rien, dans cet exemple, n'a été inventé. Chaque chiffre sort de la situation réelle de la consultante : son nombre d'appels, son taux, son prix, sa durée d'attente. Le chiffrage n'a fait que rendre visible une perte qui existait déjà, silencieuse. C'est toute la puissance du procédé : tu ne crées pas l'urgence, tu la révèles, et une urgence révélée par les propres chiffres du prospect est irrésistible.

Le verdict

La plupart des ventes ne se perdent pas sur le prix, mais sur l'absence d'urgence : le prospect s'est habitué à son problème, dont le coût lui reste invisible. Le geste le plus rentable de l'appel consiste à révéler ce coût caché, non pas en l'affirmant, mais en le faisant chiffrer par le prospect lui-même.

Ce qu'il calcule, il le croit ; ce que tu affirmes, il en doute. Guide son calcul par des questions, sur toutes les formes du coût, euros, temps, occasions ratées, poids mental, puis laisse le chiffre résonner. L'urgence se révèle, ton prix paraît petit en comparaison, et le passage à l'action naît de la rencontre entre un coût chiffré et une douleur enfin ressentie. Tu ne fabriques rien, tu rends visible.

Tu vois le mécanisme. Voilà par où on continue, chiffres à l'appui :

« Je ne suis pas mes chiffres » → la compta de tes appels
« Mon vrai souci, c'est pas les leads ? » → la démonstration par l'arithmétique
« Je n'ose pas m'écouter en appel » → pourquoi c'est ta meilleure matière

Tu veux qu'on regarde ton contenu et tes vrais appels ensemble, et qu'on trouve ce qui coince ? On fait ça en 30 min.

Envie d'un diagnostic chiffré de ta vente ? Réserver une consultation offerte →

Un terme technique t'échappe ? Consulte le lexique →

Léo Fanouillet

Qui je suis pour te dire ça ? J'ai bâti ma marque à partir de zéro, sur un sujet aussi peu sexy que la fiscalité, sans un centime de pub. Je te raconte tout, en vidéo et à l'écrit.

▶ Découvrir mon histoire →

Questions fréquentes

En révélant l'urgence réelle qui existe déjà, au lieu d'en fabriquer une fausse. Tu ne mets pas de compte à rebours ni de fausses places limitées, tu fais chiffrer au prospect ce que son problème lui coûte vraiment, en argent, en temps, en occasions ratées. L'urgence honnête vient du coût réel de l'inaction, rendu visible, pas d'une pression artificielle.

Parce que ce qu'il calcule, il le croit ; ce que tu affirmes, il en doute. Si c'est toi qui annonces que son problème coûte 30 000 € par an, il peut trouver ça exagéré, y voir un argument de vendeur. S'il le calcule lui-même à voix haute, le chiffre a un poids que rien ne peut égaler, parce qu'il vient de lui.

C'est ce que le problème du prospect lui coûte s'il ne change rien : de l'argent perdu, du temps gâché, des occasions ratées, un poids émotionnel. Ce coût est réel mais silencieux et étalé, donc invisible au quotidien. Tant qu'il reste flou, l'inaction paraît gratuite et le prospect temporise. Le rendre visible et chiffré réveille le désir d'agir.

En faisant chiffrer le coût de l'inaction avant d'annoncer ton prix. Une fois que le prospect a réalisé lui-même que son problème lui coûte 30 000 € par an, ton offre à 3 000 € devient une évidence, pas une dépense. Tu n'as rien changé au prix, tu as installé la valeur à laquelle il se compare. L'objection « trop cher » tombe presque d'elle-même.

Sources

Méthodo : synthèse avec mes mots de la recherche sur la vente et la décision (Rackham, Kahneman-Tversky, Samuelson-Zeckhauser, Cialdini). Les figures sont qualitatives et illustrent la logique du raisonnement, sans aucun chiffre inventé. Les données chiffrées citées dans le texte renvoient chacune à une étude nommée ci-dessous. Aucune reproduction de texte.

Neil Rackham, SPIN Selling (McGraw-Hill, 1988) : les questions d'implication qui font chiffrer le coût du problème avant de présenter.

Daniel Kahneman & Amos Tversky, « Prospect Theory » (Econometrica, 1979) : le biais du statu quo, l'inaction préférée tant que son coût reste invisible.

William Samuelson & Richard Zeckhauser, « Status Quo Bias in Decision Making » (Journal of Risk and Uncertainty, 1988) : la tendance à ne rien changer par défaut.

Robert Cialdini, Influence (1984, éd. révisée 2021) : on croit davantage ce qu'on formule soi-même que ce qu'on nous affirme.

Matthew Dixon & Brent Adamson, The Challenger Sale (2011) : amener le prospect à percevoir un coût qu'il n'avait pas mesuré.

Observation du terrain (indépendants francophones) : l'absence d'urgence, et non le prix, comme première cause d'appels qui n'aboutissent pas.

Hancock, P. I., Klotz, L. et al. (2022), « Framing to reduce present bias in infrastructure design intentions », iScience : dans un essai randomisé auprès de 261 professionnels, cadrer un projet au futur plutôt qu'au présent a réduit le biais du présent, les participants recommandant en moyenne 7,8 ans de durée de vie utile supplémentaire pour l'ouvrage.

Ruggeri et al. (2020), « Replicating patterns of prospect theory for decision under risk », Nature Human Behaviour : chez 4 098 personnes dans 19 pays, 94 % des items et 12 des 13 contrastes théoriques de la théorie des perspectives répliquent.

Tannenbaum et al. (2015), « Appealing to Fear: A Meta-Analysis of Fear Appeal Effectiveness and Theories », Psychological Bulletin : sur 248 échantillons (N=27 372), les appels à la peur augmentent modestement attitudes, intentions et comportements (d≈0,27), d'autant plus quand le message est couplé à une consigne d'efficacité et à une menace perçue élevée, sans aucun retour de bâton identifié.

Brewer, DeFrank & Gilkey (2016), « Anticipated regret and health behavior: A meta-analysis », Health Psychology : sur 81 études (n = 45 618), le regret anticipé est associé aux intentions (r = 0,50) et aux comportements (r = 0,29), le regret d'inaction pesant plus lourd et de façon plus stable que le regret d'action.

↑ Retour en haut
Léo Fanouillet

Léo Fanouillet · Académie Sales

Moi c'est Léo. Ex-fiscaliste, aujourd'hui j'analyse les appels de vente des indépendants comme je lisais leur compta : des chiffres, une fuite, une correction. Zéro promesse magique, zéro jargon de gourou. Si tu veux en parler, écris-moi en DM.

▶ Mon histoire en vidéo → Me contacter sur Instagram → Académie Sales →
Voir tous les articles →
Léo Fanouillet

Une lettre, chaque semaine

Not Vendeur But Coach

Salut, c'est Léo. Une fois par semaine, je t'envoie un vrai appel de vente décortiqué : les chiffres, la fuite, la correction. Comme si on regardait ta vente ensemble.

Suite de la lecture

Réduire le no-show : les rendez-vous manqués